L'horizon de notre Univers, tel que nous
l'appréhendons actuellement, c'est-à-dire tel que les instruments d'aujourd'hui
permettent de l'explorer, est fixé dans la direction de l'infiniment grand
par la distance qui nous sépare des quasars
(voir lexique), de l'ordre de
m
et, dans la direction de l'infiniment petit, par la taille des constituants
élémentaires de la matière, de l'ordre de
m, soit 43 ordres
de grandeur !
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L'exploration des confins de l'Univers
revient en fait à observer l'Univers dans
sa prime jeunesse et nous savons aujourd'hui remonter à des temps où l'Univers
n'avait qu'un milliard d'années, soit moins d'environ 8% de son âge actuel [2].
Explorer l'infiniment petit permet d'étudier à la fois les briques élémentaires
qui constituent toute matière et les interactions
auxquelles les constituants élémentaires sont sujets. Cette exploration est
abordée selon deux points de vue. Soit l'on étudie les constituants présents
actuellement dans notre Univers froid et
vieux de quinze milliards d'années en sondant la matière à l'aide de particules
accélérées à des énergies telles que leur longueur d'onde de
Broglie est suffisamment petite pour percevoir les détails
à l'échelle des constituant élémentaires (des particules accélérées à plusieurs
GeV/c sont, par exemple, nécessaires pour voir la matière à l'échelle
des quarks). L'autre approche de l'exploration de l'infiniment petit consiste
à recréer les conditions de température et de densité qui ont prévalu au cours
de l'évolution de l'Univers. La méthode
mise en oeuvre consiste à faire entrer en collision des noyaux accélérés à des
vitesses propres à créer de la matière nucléaire aux températures et densités
souhaitées. Plus l'énergie cinétique disponible dans de telles collisions sera
élevée, plus les températures atteintes seront élevées et plus on se rapprochera
des conditions dans lequel était l'Univers
lors de sa création (l'énergie cinétique des ions accélérés par le LHC
sera de l'ordre de quelques PeV (
eV) et permettra de recréer
les conditions de l'Univers qui ont prévalus
quelques
secondes à peine après sa création lorsque sa température
était de l'ordre de quelques
degrés. En effet, selon un scénario
couramment admis, l'Univers serait né à
partir du Big Bang, l'expansion explosive
d'une boule d'énergie à partir de laquelle sont créées toutes les particules
identifiées à ce jour par les physiciens. L'Univers
d'aujourd'hui, dilaté et froid, est ainsi constitué des cendres refroidies de
cette phénoménale explosion.
L'objet de ce cours est l'étude de l'infiniment petit: des constituants élémentaires de la matière et des interactions auxquels ils sont soumis. Le cours se limitera cependant à une discussion plus approfondie de l'interaction forte et de la théorie la décrivant, la Chromodynamique Quantique. Toutefois, n'espérez pas y trouver un exposé mathématique de la théorie, l'approche empirique y est préférée. Le but du cours est d'initier les étudiants, qui se destinent à la recherche en physique des particules, à la physique abordée auprès des divers collisionneurs opérationnels ou en construction dans le monde.
Le plan du cours est le suivant.
Au préalable, il est utile de définir les unités appropriées pour exprimer les
quantités étudiées à l'échelle de la physique sub atomique. Les unités fondamentales
du système international (mètre, kilogramme, seconde) ne sont pas adaptées dans
un domaine où les dimensions spatiales sont inférieures à
m (rayon
du nucléon) et où les masses sont de l'ordre de
kg (masse du
nucléon). Pour l'énergie, l'unité retenue est l'électron-volt.
La relativité générale relie l'énergie, le moment et la masse au repos d'une
particule par la relation:
. Il est donc naturel
d'exprimer le moment et la masse également en électron-volt.
La masse du proton est ainsi égale à 938 MeV/c
. Les dimensions spatiales
s'exprimeront en femto mètres ou Fermi: 1 fm =
m. Dans tous
les calculs de la mécanique quantique apparaîtront
systématiquement deux constantes: la constante de Planck
et le vitesse de la lumière :