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Le groupe de couleur SU(3)
Le point de départ de QCD est la structure en quarks de la matière hadronique.
Les symétries observées dans le spectre des mésons et des baryons légers (voir
paragraphe 2.2) ont suggéré que les hadrons étaient des particules
composites dont les constituants, les trois saveurs de quarks (u, d,
s) sont la manifestation physique d'une groupe de symétrie de saveur
de type SU(3). Les baryons sont ainsi interprétés comme des états à trois quarks,
le spin des quarks étant égal à 1/2 pour rendre compte du spin des baryons de
basse masse. Dans les baryons de spin 3/2 (cf. paragraphe 2.2.1),
les trois quarks forment un état symétrique dans les degrés de liberté d'espace,
de spin et de saveur. Cependant, la fonction d'onde des baryons doit, selon
l'exigence de la statistique Fermi-Dirac, être antisymétrique. Pour résoudre
ce dilemme, le degré de liberté de couleur fut introduit (cf. paragraphe
2.2.1): chaque quark peut être porteur de l'une des trois
valeurs a de la couleur, libellées a =1, 2, 3 ou a = rouge,
bleu ou vert. Dans l'espace des couleurs la fonction d'onde du baryon est totalement
antisymétrique et par conséquent la fonction d'onde totale également.
Pour éviter la prolifération d'états et donc de particules, rendus possible
par l'introduction de la couleur, il a fallu introduire une contrainte qui stipule
que seuls les états singlets de couleur peuvent exister dans la nature. En ne
considérant que les états de plus basse énergie, il n'existe que deux façons
de construire un état singlet :
- L'état
;
il est évidemment invariant par rotation dans l'espace des couleurs. Pour former
un tel état, il faut associer un quark avec son anti-quark, en se rappelant
que quark et anti-quark ont une couleur opposée : ce sont les mésons.
- L'état
où
est le tenseur antisymétrique. Cet état est la
combinaison antisymétrique des trois couleurs; il est obtenu en associant trois
quarks (pas d'anti-quark) : ce sont les baryons.
L'existence des trois valeurs de couleur a pu être vérifiée expérimentalement
en comparant la section efficace hadronique pour l'annihilation d'un électron
et d'un positron avec la section efficace pour la production d'une paire de
particules ponctuelles telles les muons
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(4.1) |
L'annihilation crée un photon virtuel qui excite hors du vide toutes les paires
constituant- anticonstituant possibles. A partir du diagramme de Feynman générique
de ces annihilations (figure 4.1) on peut calculer la section efficace
:
Figure 4.1:
Diagramme de Feynman pour l'annihilation d'un électron et
d'un positron et la création d'une paire de fermions.
 |
où
est la charge du fermion en unité de charge du positron,
la constante de structure fine et
l'énergie totale disponible
dans le centre de masse de la collision. La section efficace pour la création
d'une paire de muons (
) à partir de l'annihilation d'un électron
et d'un positron est ainsi :
La section efficace pour la production d'une paire de quarks s'obtient de la
même façon, en replaçant la charge
par la charge des quarks produits.
La section efficace hadronique s'obtient en sommant sur toutes les saveurs de
quarks et toutes les valeurs de couleurs de sorte que le rapport R définit
par l'équation (4.1) s'écrit :
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(4.2) |
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(4.3) |
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(4.4) |
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(4.5) |
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(4.6) |
Ce rapport dépend bien évidemment de l'énergie disponible dans le centre de
masse et présentera différents paliers au fur et à mesure que le seuil pour
la production des différentes saveurs de quark est dépassé. La section efficace
expérimentale (Figure 4.2) pour la production de hadrons par annihilation
électron-positron, normalisée par la section efficace pour la production d'une
paire de muons, indique la présence des mésons vecteurs et la valeur du rapport
expérimental est consistant avec la relation (4.3) si C
est égal à 3, c'est-à-dire 3 charges de couleur.
Figure 4.2:
Section efficace de la réaction
hadrons, normalisé à la section efficace de la réaction
représenté en fonction de l'énergie du centre de masse. Les lignes horizontales
correspondent à R=6/3, R=10/3 et R=11/3, les valeurs prédites
par l'équation (4.3).
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La compilation de la section efficace hadronique normalisée hors résonances
(Fig 4.3) est déterminée par la mesure de la section efficace des
événements indiquant la présence de deux ou trois jets. Par définition un jet
est un ensemble de hadrons regroupés spatialement dans un cône et qui sont interprétés
comme résultant de la fragmentation ou de l'hadronisation d'un quark ou d'un
gluon (Fig 4.4). La compilation est en accord avec l'hypothèse
de l'existence de trois charges de couleur.
Figure 4.3:
Compilation des données expérimentales de R dans la réaction
d'annihilation
[4].
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Figure 4.4:
Événement à deux jets mesurés dans une réaction d'annihilation
électron-positron à une énergie dans le centre de masse égale à 190GeV.
Expérience DELPHI
au LEP
(Large Electron Positron collider du CERN.
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Yves SCHUTZ
2000-10-31