next up previous contents
suivant: Particules et anti-particules monter: Constituants élémentaires précédent: Constituants élémentaires   Table des matières

Fermions et bosons

Un des concepts des plus fondamentaux à la base de la description des interactions entre particules et champs est la relation qui lie le spin d'une particule et la statistique à laquelle obéit cette particule. Par un théorème, énoncé par Pauli en 1940, il est démontré que cette relation est une conséquence de la théorie relativiste et quantique des champs [3]. Les particules sont ainsi classées en deux catégories :

  1. les fermions, particules de spin demi-entier qui obéissent à la statistique de Fermi-Dirac et
  2. les bosons, particules de spin entier qui obéissent à la statistique de Bose-Einstein.
La statistique à laquelle obéit une particule détermine la symétrie de la fonction d'onde d'une paire de particules, soit \( \psi \left( 1,2\right) \) \( \left\vert \psi \left( 1,2\right) \right\vert ^{2} \) représente, par exemple, la probabilité de trouver la particule 1 en un point donné de l'espace des coordonnées et la particule 2 en un autre point donné. Puisque les deux particules sont identiques, cette probabilité ne change pas lorsque l'on permute les deux particules :

\begin{displaymath}
\left\vert \psi \left( 1,2\right) \right\vert ^{2}=\left\vert \psi \left( 2,1\right) \right\vert ^{2}\end{displaymath}

Cette équation à deux solutions, soit :

\begin{eqnarray*}
\psi \left( 1,2\right) & = & \psi \left( 2,1\right) \; \; \; \...
...e}\; \mathrm{anti}-\mathrm{sym}\acute{\mathrm{e}}\mathrm{trique}
\end{eqnarray*}



En 1925, Dirac montra que le Principe de Pauli (il ne peut y avoir qu'un électron par nombre quantique) est obtenu en mécanique quantique en décrivant un système de N fermions par une fonction d'onde complètement anti-symétrique pour les permutations des fermions , c'est-à-dire par permutations paires, et changeant de signes par permutations impaires:

\begin{displaymath}
\psi _{fermions}\left( 1,\ldots k,\ldots ,l,\ldots m,\ldots ...
...}\left( 1,\ldots l,\ldots ,k,\ldots n,\ldots m,\ldots N\right) \end{displaymath}


\begin{displaymath}
\psi _{fermions}\left( 1,\ldots k,\ldots ,l,\ldots m,\ldots ...
...}\left( 1,\ldots l,\ldots ,k,\ldots m,\ldots n,\ldots N\right) \end{displaymath}

En revanche, les systèmes de N bosons identiques, qui eux ne sont pas soumis au principe d'exclusion de Pauli, sont décrits par des fonctions d'onde complètement symétriques :

\begin{displaymath}
\psi _{bosons}\left( 1,\ldots k,\ldots ,l,\ldots m,\ldots n,...
...}\left( 1,\ldots l,\ldots ,k,\ldots n,\ldots m,\ldots N\right) \end{displaymath}


\begin{displaymath}
\psi _{bosons}\left( 1,\ldots k,\ldots ,l,\ldots n,\ldots m,...
...}\left( 1,\ldots l,\ldots ,k,\ldots m,\ldots n,\ldots N\right) \end{displaymath}

La fonction d'onde d'un système de particules identiques peut être décrit comme le produit de plusieurs facteurs associés aux :

Une permutation de deux particules dans l'espace des coordonnées introduit un facteur (-1)\( ^{l} \)\( l \) est le nombre quantique moment orbital. Donc ,pour des valeurs paires (impaires) de l, la composante \( \left\vert orbital\right\rangle \) de la fonction d'onde est symétrique (anti-symétrique). La composante \( \left\vert spin\right\rangle \) de la fonction d'onde décrivant un système de deux particules dont les spins sont parallèles (anti-parallèles) sera symétrique (anti-symétrique) :

\begin{displaymath}
\begin{array}{ccccc}
\left\vert spin\right\rangle & = & \lef...
...eft\vert \downarrow _{2}\uparrow _{1}\right\rangle
\end{array}\end{displaymath}

Cette nécessité de symétrie ou anti-symétrie de la fonction d'onde d'un système de particules est illustrée dans l'exemple suivant. Considérons la décroissance du méson vecteur \( \rho ^{0} \) en deux pions neutres :

\begin{displaymath}
\rho ^{0}\longrightarrow \pi ^{0}+\pi ^{0}\end{displaymath}

Le spin du méson \( \rho ^{0} \) est J=1 et celui du pion est J=0. Dans la voie finale, nous avons donc un système de deux bosons identiques et sa fonction d'onde doit être symétrique. La composante \( \left\vert spin\right\rangle \) est forcément symétrique (particules avec J=0), donc la composante \( \left\vert orbital\right\rangle \) doit être également symétrique (les autres composantes n'interviennent pas pour un système de hadrons), c'est-à-dire le moment angulaire orbital relatif des deux pions doit être pair. Ceci n'est pas possible puisque le moment angulaire total (J+l) doit être conservé dans la décroissance et donc l=1. Cette décroissance est donc interdite par la conservation du moment angulaire total et par symétrie de Bose-Einstein. La décroissance :

\begin{displaymath}
\rho ^{0}\longrightarrow \pi ^{+}+\pi ^{-}\end{displaymath}

est, au contraire, permise puisque le système dans la voie de sortie ne consiste plus en deux bosons identiques.


next up previous contents
suivant: Particules et anti-particules monter: Constituants élémentaires précédent: Constituants élémentaires   Table des matières
Yves SCHUTZ
2000-10-31