accueil
fr
|
en

    NODSSUM : Subatech au cœur d'une mission scientifique pour étudier les déchets radioactifs dans les grands fonds marins !

    Après un mois de campagne en mer à bord du navire océanographique Pourquoi Pas ?, la seconde campagne du projet NODSSUM (Nuclear Ocean Dump Site SUrvey and Monitoring) s'est achevée le 28 juin 2026. Coordonné par le CNRS et co-piloté par l'IN2P3 et l'INSU, ce projet rassemble plusieurs laboratoires français et internationaux, dont Subatech, pour mieux comprendre le devenir des déchets radioactifs immergés dans les grands fonds de l'océan Atlantique.

    Localisation des zones d’immersion de fûts radioactifs (NEA#3 et #4) dans la plaine abyssale de l’Atlantique Nord-Est, en eaux internationales. © Projet NODSSUM (2025)
    Localisation des zones d’immersion de fûts radioactifs (NEA#3 et #4) dans la plaine abyssale de l’Atlantique Nord-Est, en eaux internationales. © Projet NODSSUM (2025)

    Entre 1950 et 1990, près de 200 000 fûts de déchets radioactifs de faible activité ont été immergés à environ 5 000 mètres de profondeur dans le nord-est de l'océan Atlantique. Les connaissances sur leur localisation, leur état de conservation et leurs interactions avec l'environnement restent aujourd'hui très limitées. Le projet NODSSUM a pour objectifs de :

    • repérer et cartographier les fûts immergés ;
    • inspecter leur état de conservation ;
    • prélever des échantillons d'eau, de sédiments et d'organismes marins afin d'évaluer une éventuelle dissémination de la radioactivité.

    Lors de la campagne NODSSUM 2025 précédente menée à bord de L’Atalante, les équipes scientifiques avaient localisé et cartographié 3 355 fûts, prélevé 5 000 litres d'eau, réalisé 345 carottages du plancher océanique et collecté 34 spécimens de poissons et de crustacés destinés aux analyses. Au cours de cette deuxième campagne en 2026, le Nautile, sous-marin habité de la Flotte Océanographique Française, a effectué 20 plongées à plus de 4 700 mètres de profondeur, permettant d'observer directement plusieurs fûts et de réaliser des prélèvements (eaux, sédiments, organismes marins) dans leur environnement immédiat.

    Installation par le Nautile d'un carottier lame instrumenté avec des échantillonneurs passifs, pour évaluer la réactivité in-situ des contaminants dans les sédiments et l’eau interfaciale © Projet NODSSUM, CNRS, Flotte Océanographique Française (2026)
    Installation par le Nautile d'un carottier lame instrumenté avec des échantillonneurs passifs, pour évaluer la réactivité in-situ des contaminants dans les sédiments et l’eau interfaciale © Projet NODSSUM, CNRS, Flotte Océanographique Française (2026)

    Les équipes de Subatech pleinement mobilisées

    Subatech joue un rôle majeur dans ce projet, en particulier à travers son équipe Radiochimie et le groupe TRACES, spécialistes du devenir des radionucléides dans l'environnement. Deux membres du laboratoire, Gilles Montavon et Maxime Chaillou, ont participé à cette seconde campagne océanographique à bord du Pourquoi Pas ?. Leur rôle consistait notamment à préparer les protocoles d'échantillonnage et à participer aux prélèvements qui permettront de caractériser la présence éventuelle de radionucléides dans les eaux profondes, les sédiments et les organismes marins. Au laboratoire, plusieurs chercheurs et ingénieurs sont également mobilisés pour analyser et étudier le comportement des radionucléides dans les sédiments marins : Céline Bailly, Mathurin Robin, Anne-Laure Nivesse et Catherine Landesman. À cette occasion, une expérience inédite a été menée durant la campagne afin d'étudier, dans des conditions in situ, la réactivité des contaminants présents dans les sédiments grâce au couplage d’échantillonneurs passifs DET (Diffusive Equilibrium in Thin Films, équilibre diffusif en couches minces) et DGT (Diffusive Gradients in Thin Films, gradients diffusifs en couches minces). Ces travaux s'inscrivent pleinement dans les activités de recherche de Subatech sur l’étude du transfert des radionucléides dans l'environnement et l'évaluation de leur impact.

    Des premiers résultats encourageants

    Les premières observations montrent un état de conservation très variable des fûts, mais aucune contamination environnementale significative n'a été mise en évidence à ce stade. Les scientifiques ont également été frappés par la richesse de la biodiversité observée autour de ces structures immergées. Poissons, anémones, crustacés et de nombreux autres organismes colonisent aujourd'hui ces fûts, devenus de véritables supports pour la vie dans les profondeurs abyssales. En parallèle, la campagne a confirmé la présence importante de déchets d'origine humaine – notamment des plastiques et des déchets industriels – jusque dans ces environnements extrêmes, illustrant l'ampleur de l'empreinte humaine sur les océans. Les analyses qui seront réalisées dans les prochains mois permettront d'établir un diagnostic précis sur une éventuelle migration de radionucléides depuis les fûts vers leur environnement immédiat. Elles contribueront à améliorer les connaissances sur la pollution radioactive des grands fonds marins, avec des retombées scientifiques qui dépassent le seul cas des fûts immergés, notamment pour l'étude des épaves nucléaires ou des futurs enjeux liés à l'exploitation des ressources minérales profondes. Subatech poursuivra son implication dans les prochaines campagnes NODSSUM, qui viseront notamment à réaliser une cartographie 3D des sites et des prélèvements au plus près des fûts afin d'affiner la compréhension des processus de transfert des radionucléides dans ces écosystèmes encore largement méconnus.

    Un carottier lame instrumenté en échantillonneurs passifs DET/DGT, après déploiement par le Nautile. Les deux bandes blanches horizontales marquent la séparation entre sédiments et eau interfaciale, également récupérés pour analyses © Projet NODSSUM, CNRS, Flotte Océanographique Française (2026)
    Un carottier lame instrumenté en échantillonneurs passifs DET/DGT, après déploiement par le Nautile. Les deux bandes blanches horizontales marquent la séparation entre sédiments et eau interfaciale, également récupérés pour analyses © Projet NODSSUM, CNRS, Flotte Océanographique Française (2026)

    Toutes les informations sont à retrouver sur : https://miti.cnrs.fr/radiocean/ Pour en savoir plus : https://www.cnrs.fr/fr/presse/dechets-radioactifs-immerges-dans-latlantique-une-mission-scientifique-pour-documenter-le